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Tour de France

  • 9 nov. 2016
  • 2 min de lecture

"Tour de France", c'est la rencontre entre un faux raciste-gentil (Gérard Depardieu) et un faux méchant-sensible (Sadek) qui partent faire le tour des ports de France, sur les traces du peintre Vernet. Du début à la fin, l'histoire sonne faux. Difficile d'y croire tellement ça pue le cliché. Dans ce film, il n'y a qu'une seule réalité, celle du message porté : le racisme peut se combattre par l'intelligence.

Les deux protagonistes, Serge, un maçon du Nord à la retraite et Far'Hook, un rappeur de 20 ans, se sentent exclus de la société. L'un est perdu dans un quartier où les immigrés ont élu domicile et l'autre est rejeté par cette France raciste. La faute à l'autre. Alors, c'est la séparation sociale qui provoque le racisme ou est-ce le racisme qui entraîne la ségrégation raciale ? L’œuf ou la poule, j'ai envie de dire. La question à 1 million.


Rachid Djaidani, le réalisateur ne nous propose pas de réponse tranchée mais un consensus : on ne va pas refaire le monde mais on va apprendre à accepter celui qui rencontre notre route. Bon, fallait pas chercher bien loin mais l'idée fait son chemin. Un remake d"'Intouchables". Ils ne viennent pas du même monde mais doivent accepter l'aide de l'autre. A la fin, scoop, ils s'apprécient.


Bien qu'elle soit universelle, la culture n'est pas la même chez un prolo cinquantenaire que chez un jeune rappeur. La compréhension culturelle de l'autre, (voire son appropriation) permet le dépassement de ses préjugés. Et cette fragile fraternisation est lancée grâce aux peintures de Joseph Vernet en se poursuivant par le poème de Baudelaire, L'Albatros. L'un se réfugie dans la peinture pour fuir un monde qui ne lui convient plus et l'autre se défend par les mots pour exprimer et défendre sa nationalité française. La réconciliation par la culture, voilà qui est bien pensé. "Être français", vaste sujet que le faciès ne définit pas.


En conclusion, beaucoup de bonnes intentions mais très peu de cinéma. Le scénario, barré de stéréotypes, se teint d'une paresse qui déroule une intrigue téléphonée. Une histoire de tolérance cousue de fil blanc. Parfois, quelques passages sonnent justes, le ton est là, les clichés dorment pour éveiller en nous une certaine émotion. Mais jamais le film ne nous amène très loin dans la réflexion. Espérons que l'utilisation exagérée et répétée de poncifs sert à mettre en lumière le ridicule de la situation et ainsi faire passer le message plus facilement...



Date de sortie : 16 novembre 2016

Musique : Clément Dumoulin

Scénario : Rachid Djaini

Avec : Gérard Depardieu (Serge), Sadek (Far'Hook), Louise Grinberg (Maude), Nicolas Marétheu (Bilal)

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© 2016 - Laurine Thiodet

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